Category: Livres,Histoire,Grandes Périodes de l'Histoire

Helléniques, tome 2 : Livres IV-VII Details

Né près d'Athènes, Xénophon (426-354 av. J.-C.) est issu d'une famille aristocratique très aisée. Il prend part à la défense d'Athènes dans la guerre du Péloponnèse. En 401, il rejoint les Spartiates combattant en Asie Mineure aux côtés de Cyrus, qui cherchait alors à renverser son frère. Après l??échec de la campagne des Dix-Mille, où Cyrus perdit la vie, il est élu général, et, traversant l??Asie, conduit les Grecs jusqu??à Trébizonte, exploit qu??il raconte dans l??Anabase. Surnommé « l??abeille grecque », Xénophon nous a laissé une ?uvre aussi variée qu??abondante. De l??enseignement de Socrate dont il fut le disciple, il a tiré des ouvrages dits socratiques, les Mémorables, Le Banquet, l??Apologie et, d??une certaine manière, l???conomique (dialogue socratique évoquant les problèmes de gestion d??un domaine). Son travail d??historien se compose de l??Anabase et surtout des Helléniques où il poursuit le récit de la guerre du Péloponnèse là où Thucydide avait interrompu son enquête. Outre des traités sur la cavalerie, la chasse et une histoire romancée de la vie de Cyrus, la Cyropédie, nous lui devons des ouvrages politiques, témoignant de son admiration pour Sparte, la cité rivale d??Athènes.Professeur de littérature et civilisation grecques à la Sorbonne, Paris IV et directeur de l'Unité de recherche sur la médecine grecque au CNRS (1990-2000), président de l'école doctorale Mondes anciens et médiévaux ; Membre de l'Institut, Académie des inscriptions et belles lettres (1997)

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Les « Helléniques » est le récit par Xénophon des événements s'étant déroulés en Grèce et en Asie Mineure de -411 à -361. Historien et philosophe athénien ayant participé à l'expédition des Dix Mille au service de Cyrus, Xénophon complète dans les deux premiers livres des « Helléniques » l'histoire de la guerre du Péloponnèse rédigée par Thucydide mais restée inachevée. A partir du Livre III, Xénophon s'attache à l'épopée du roi de Sparte Agésilas dont il fait le héros principal de son ouvrage, survolant même parfois de manière surprenante certains des événements concernant plus directement sa cité d'Athènes.Le Tome I (Livre I à III) englobe donc la fin de la guerre de Péloponnèse et son épilogue : défaite athénienne à Agos Potamos, chute d'Athènes, tyrannie des 30. Il se poursuit avec la nomination d'Agésilas comme successeur de son demi-frère Agis, la conspiration de Cinadon et le début de l'expédition de ce même Agésilas en Asie Mineure.Le Tome II (Livre IV à VII) raconte la courte hégémonie spartiates (campagne de Sardes, victoires de Némée et Coronée), puis le retournement progressif de la situation, au cours de la guerre de Corinthe qui se soldera, après la paix en trompe l'?il d'Antalcidas, par les victoires thébaines de Leuctres et de Mantinée.Du point de vue du style, les « Helléniques » ne contiennent pas comme « L'Anabase » d'allusions directes à la vie de Xénophon (même s'il est le témoin direct de certains évènements, comme par exemple la bataille de Coronée). Par ailleurs, l'auteur reste assez loin de la profondeur analytique de Thucydide. Il est d'ailleurs un peu difficile d'en dégager le projet principal, entre l'hommage appuyé au chef modèle qu'est Agésilas aux yeux de Xénophon et son évocation de la lente renaissance d'Athènes. Son texte est plutôt sobre et assez impersonnel, il fait néanmoins preuve d'une remarquable clarté. Xénophon parvient à donner une belle consistance à son récit, lui conférant, malgré un relatif parti pris en faveur de Sparte et de ses hommes d'état, les accents de la sincérité et de la réalité. Bien que manquant de recul sur les événements racontés, les « Helléniques » sont très plaisantes à lire, car leur auteur les conçoit comme une chronique vivante et colorée des faits pittoresques et dramatiques qui émaillent les conflits entre les cités-états du IVe siècle avant J.-C. : Sparte, Athènes, Argos, Corinthe et Thèbes.L'édition en deux tomes proposée par les Belles Lettres (mes exemplaires sont ceux de la 5e édition de 1966) est d'une grande qualité avec un texte original établi et traduit par J. Hatzfeld.