Category: Livres,Histoire,Grandes Périodes de l'Histoire

Histoire romaine. Tome IV, Livre VIII : Le Livre africain Details

L'historien alexandrin Appien (né en 95 après J.-C. et mort en 165) a composé le seul récit complet des Guerres Puniques qui nous soit parvenu. Le livre VIII de son Histoire Romaine, que Photius appelle « Livre Africain », retrace ainsi l'histoire des trois guerres qui ont opposé Rome à Carthage aux troisième et deuxième siècle avant notre ère. Appien, fidèle à la démarche ethnographique qu'il s'est fixée, ne traite ici que de la phase africaine du conflit. Du récit de la première Guerre Punique, seuls quelques fragments subsistent. Dans le récit qu'il fait du second conflit, Appien dresse le portrait d'Annibal, personnage complexe admiré par l'historien pour ses nobles ambitions. Annibal souhaite en effet faire de sa patrie « la reine du monde ». La lutte est ainsi présentée comme une bataille pour l'hégémonie dont l'enjeu est la survie de Rome. La victoire de Rome est assurée grâce à l'intelligence du général Romain Scipion qui déplace la guerre en Afrique et force Carthage à conclure la paix. Appien présente la troisième Guerre Punique comme une tragédie pathétique. Rome, profitant du désastre provoqué par la guerre entre Carthage et le roi des Numides, décide secrètement la destruction de la cité ennemie. Les derniers jours de Carthage sont décrits dans un tableau apocalyptique. Le « Livre Africain » forme ainsi une œuvre d'art achevée. Il témoigne du talent d'Appien qui dans sa jeunesse avait suivi l'enseignement des meilleurs rhéteurs d'Alexandrie. Cet aspect transparaît dans les discours qui marquent les temps forts du récit et qui constituent des morceaux d'éloquence tels que l'on en trouve chez Thucydide.L'édition du Livre VIII de L'Histoire Romaine d'Appien dans la Collection des Universités de France comprend le texte grec de l'historien accompagné de la traduction de Paul Goukowsky. Le texte est précédé d'une notice détaillée dans lequel le lecteur trouvera un résumé du livre, une analyse de ses qualités rhétoriques, une étude de ses sources ainsi qu'une présentation de la tradition manuscrite du texte. Published On: 2017-02-07

Reviews

Le Ier siècle av. J.-C. constitue en effet une période parmi les plus sanglantes et les plus agitées de toute l'histoire de Rome. A plusieurs reprises (Les Gracques, Marius vs. Sylla, Spartacus, la Guerre Sociale, la conjuration de Catilina, César vs. Pompée, Octave et Antoine vs. les Assassins de César) les affrontements politiques et sociaux de la République finissante débouchent sur de véritables guerres civiles. Dans ce contexte de luttes armées et de compromis nécessaires à la conquête du pouvoir, populares et optimates, ne sont que des tendances politiques assez abstraites, et en aucun cas des partis au sens moderne du terme.Les clivages s'organisent surtout en fonction d'alliances familiales complexes et mouvantes entre les plus grandes lignées sénatoriales et leurs « clientèles ». Si les populares se veulent les porte-paroles de la plèbe, ils ne se différencient guère des optimates d??un point de vue idéologique : « les Romains ne conçurent jamais une idée progressiste : leur programme politique était toujours conservateur ?? garder les choses comme elles sont ?? ou réactionnaire ?? revenir à un passé idéalisé. », dixit J.E. Lendon. Dans ce cadre, le texte d'Appien, assez sobre mais précis, apporte un éclairage précieux sur ces événements.Si l'historien venu Alexandrie n'est ni Thucydide ni Tacite, son texte sait prendre un certain recul sur son sujet. Ecrit sous le règne d'Antonin, en pleine Pax Romana, les sanglants conflits vieux de plus de deux siècles semblent toujours aussi atroces. Appien par ailleurs, a également le mérite de s'appuyer sur des explications économiques.Le Livre III porte sur les années 44 et 43 av. J.-C., avec les événements les plus marquants de l'ascension d'Octave et de l'agonie de la République. L'édition billingue, grec-français, de la Collection des Universités de France de Paul Goukowsky est remarquable et les notes pléthoriques de Philippe Torrens sont un précieux complément au texte.